Loisirs de nature et faune sauvage

Randonnée, VTT, trail, photographie animalière, observation ou promenade avec un chien : les loisirs de nature permettent de découvrir des territoires remarquables et créent souvent un véritable attachement à leur préservation.

Mais les paysages que nous parcourons ne sont pas seulement nos espaces de loisirs.

Ce sont aussi des habitats.

Chamois observé dans son habitat naturel

Forêts, prairies, alpages, falaises, zones humides et lisières sont utilisés par les animaux pour se nourrir, se reposer, se reproduire, élever leurs jeunes ou se déplacer.

Profiter de la nature et respecter la faune sauvage ne sont donc pas deux objectifs opposés. L’enjeu est plutôt de comprendre comment notre présence peut influencer les animaux et d’adapter certains comportements lorsque cela est nécessaire.

L’Office fédéral de l’environnement rappelle que les activités de loisirs peuvent avoir des conséquences sur la faune, la flore et les paysages et encourage une pratique respectueuse de la nature.

Qu’est-ce que le dérangement de la faune sauvage ?

Le dérangement ne se résume pas à voir un animal prendre la fuite.

Un animal peut interrompre son alimentation, devenir plus vigilant, se dissimuler, modifier son déplacement ou éviter temporairement un secteur sans que nous nous en rendions forcément compte.

Lorsque ces perturbations se répètent, elles peuvent réduire le temps disponible pour l’alimentation ou le repos et modifier l’utilisation de l’habitat.

Toutes les espèces ne réagissent cependant pas de la même façon. La saison, la distance, le type d’activité, la fréquence des passages et le comportement de la personne jouent tous un rôle.

C’est pourquoi il n’existe pas une seule règle valable partout, mais plusieurs principes simples permettant de réduire notre impact.

Rester sur les itinéraires : un geste simple et efficace

Un sentier permet de concentrer une grande partie de la fréquentation dans un espace relativement prévisible.

La campagne suisse Respecter, c’est protéger encourage notamment les pratiquants à respecter les itinéraires et les zones de tranquillité afin de laisser davantage d’espace à la faune.

Quitter régulièrement les chemins peut au contraire amener les visiteurs directement dans des zones de repos, d’alimentation ou de reproduction.

Cette règle prend encore plus d’importance dans les réserves naturelles, les zones de tranquillité ou les districts francs, où certaines restrictions sont obligatoires. L’OFEV rappelle que ces zones sont précisément prévues dans des secteurs importants pour les mammifères et les oiseaux pendant les périodes sensibles.

Certaines périodes demandent davantage de tranquillité

Les besoins de la faune évoluent au cours de l’année.

En hiver, les ressources alimentaires sont moins abondantes et les déplacements peuvent demander beaucoup d’énergie. Une fuite répétée peut donc représenter une dépense supplémentaire importante pour certaines espèces.

Le printemps et le début de l’été présentent d’autres enjeux avec la reproduction, les mises bas, la nidification et l’élevage des jeunes.

Il n’existe donc pas une unique « saison sensible ».

Avant une sortie, il est utile de vérifier l’existence éventuelle de zones protégées ou de restrictions temporaires et, sur place, de respecter la signalisation officielle.

Chiens et faune sauvage

La présence d’un chien peut provoquer une réaction importante chez les animaux sauvages, particulièrement lorsqu’il quitte les chemins ou se lance à leur poursuite.

Les règles varient selon les cantons, les communes et les espaces protégés. Dans les districts francs fédéraux, par exemple, les chiens doivent être tenus en laisse.

Au-delà de la réglementation, le principe est assez simple : si le chien peut rejoindre un animal sauvage avant que son propriétaire puisse le rappeler efficacement, la laisse permet de prévenir le risque.

Observer sans poursuivre

Rencontrer un chevreuil à la lisière d’une forêt, apercevoir un chamois sur une pente ou entendre le brame du cerf fait partie des expériences qui donnent toute leur valeur aux sorties dans la nature.

Mais une bonne observation n’exige pas forcément de réduire la distance.

Les jumelles permettent souvent de découvrir davantage de détails tout en restant discret. En photographie animalière, une longue focale permet également de conserver une distance adaptée.

Lorsqu’un animal modifie manifestement son comportement, cesse de s’alimenter ou cherche à s’éloigner, mieux vaut augmenter la distance plutôt que poursuivre l’approche.

Pro Natura recommande notamment de rester discret, de respecter les zones de tranquillité et les sites de nidification et d’éviter certaines pratiques susceptibles d’augmenter le dérangement.

Cette manière d’observer la faune est également au cœur de nos sorties Les secrets du brame du cerf et Rencontre avec les chamois.

VTT, trail et autres activités de plein air

Le VTT, le trail et les autres loisirs sportifs ont toute leur place dans les espaces naturels.

La difficulté apparaît davantage lorsque de nouveaux passages sont créés hors des itinéraires prévus ou lorsque la fréquentation se développe dans des secteurs jusque-là peu parcourus.

Ces pratiques peuvent augmenter le dérangement de la faune, mais également provoquer de l’érosion ou des conflits entre usagers.

Les applications participatives demandent également un peu de recul : la présence d’un tracé sur une plateforme ne garantit pas que l’itinéraire soit autorisé, adapté ou encore ouvert.

Sur le terrain, la signalisation officielle et les règles du site doivent rester la référence.

Les loisirs de nature peuvent aussi contribuer à la protection

Présenter la fréquentation humaine uniquement comme une menace serait réducteur.

Une personne qui observe son premier chamois, découvre le brame du cerf ou apprend à reconnaître les traces d’un animal peut développer un attachement profond à la nature.

Cet émerveillement peut justement donner envie de mieux connaître et de protéger les milieux naturels.

C’est aussi le principe des activités proposées par le Bureau des Rangers : associer découverte, observation et respect des milieux naturels.

Quelques réflexes qui font la différence

Avant une sortie, vérifier les règles locales, les zones de tranquillité et les éventuelles restrictions permet déjà d’éviter beaucoup de problèmes.

Sur le terrain, rester sur les itinéraires, garder son chien sous contrôle, maintenir une distance suffisante avec les animaux et observer leur comportement constituent une excellente base.

Il faut également accepter qu’une rencontre ne se déroule pas toujours comme prévu.

Un animal sauvage n’a aucune obligation de rester visible.

Lorsqu’il cherche à s’éloigner, le meilleur choix est généralement de le laisser partir.

Profiter de la nature sans oublier ceux qui y vivent

Les loisirs de nature ne sont pas le problème.

La difficulté apparaît lorsque nous oublions que nous partageons ces espaces avec d’autres espèces.

Marcher, courir, pédaler, observer ou photographier tout en limitant le dérangement est parfaitement possible.

C’est précisément ce que cherche à encourager le Bureau des Rangers à travers ses missions de sensibilisation et sa présence sur le terrain.

Comprendre pourquoi un comportement compte est souvent plus utile que retenir une liste d’interdictions.

Et peut-être est-ce simplement cela, pratiquer les loisirs de nature de manière responsable : profiter pleinement d’un territoire tout en laissant suffisamment de place à ceux qui y vivent.